La noix de bancoulier (kemiri)

14 juin 2020

La noix de bancoulier (kemiri)

Origine et description

Originaire de la Chine du Sud et de l’Indonésie. Le bancoulier (Aleurites moluccana), est un arbre originaire du Sud-Est Asiatique, qui a été introduit dans la majorité des pays tropicaux-équatoriaux où il est parfois considéré comme une espèce invasive.
Les populations des îles du pacifique l’on transporté avec elles dans leurs grandes migrations et introduit dans la majorité des îles rencontrées. Cette plante asiatique est devenue l’arbre officiel de l’état d’Hawaï et il est présent en Nouvelle Calédonie, à la Réunion et dans toutes les Antilles.

Le bancoulier est un arbre au bois léger, à croissance rapide, qui peut atteindre 15 à 20 m mais parfois végéter en bosquet d’arbres plus rabougris, il est souvent aussi haut que large avec des branches retombant vers le sol.
Ses feuilles vertes, au long pétiole, sont veloutées avec des reflets blancs ou argentés. Elles sont de deux types, les feuilles les plus basales sont à 3 ou 5 lobes, les feuilles des parties supérieures s’approchent d’une forme de cœur.
Les fleurs blanches petites et nombreuses sont parfumées, le fruit est une drupe arrondie plus ou moins ovalaire de 4 à 6 cm de diamètre; d’abord verte elle brunit en murissant. La noix de cette drupe est noire et dure, elle contient une à deux graines oléagineuses.

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La noix de bancoul: oléagineuse mais légèrement toxique 

La noix de bancoul contient 50 à 60% de lipides.
Les corps gras sont sensibles à l’oxydation rancissement car ils contiennent un pourcentage important d’acides gras insaturés, une composition moyenne : acide oléique 25%, acide linoléique 40%, acide linolénique 25%.
La graine crue contient des saponines et des dérivés du phorbol. Ce sont des substances irritantes pour la muqueuse digestive et légèrement toxiques. La consommation de noix de bancoul crues induit une diarrhée. La noix de bancoul légèrement torréfiée est plus acceptable pour le système digestif.
Elle est utilisée en petite quantité dans la cuisine Indonésienne pour épaissir certaines sauces mais les saponines peuvent donner de l’amertume au plat.

 

Huile de noix de bancoul: siccative (desséchante) purgative et  cosmétique 

  • L’huile de noix de bancoul est siccative (desséchante) comme l’huile de lin, on l’utilise d’ailleurs pour les mêmes usages, protection et imprégnation du bois, peintures.
  • C’est une huile purgative mais cet usage est à déconseillé.
  • Les maoris (polynésiens) utilisaient le noir de fumée de cette huile recueilli sur une surface froide au-dessus de la flamme et le mélangeait à d’autre extraits végétaux et de l’eau pour faire une « encre » de tatouage.
  • L’huile de noix de bancoul est cosmétique, adoucissante, protectrice des téguments abîmés, démêlant capillaire.
    On peut l’essayer sur des lésions eczémateuses sèches ou des plaques de psoriasis.
    Elle a tendance à rancir assez vite, il faut la conserver dans des récipients remplis au maximum si possible au frais et à l’ombre, on peut lui ajouter quelques gouttes de vitamine E comme antioxydant.

 

Noix de bancoul et utilisation controversée

Certains sites internet proposent la noix de bancoul fraiche comme un régime amaigrissant miracle. En fait cette noix dont on ne consomme qu’un petite fraction par jour est très irritante pour l’intestin , purgative, parfois elle induit une diarrhée.
Le danger principal est la confusion qui s’est faite plusieurs fois entre ces noix de bancoul et une autre amande beaucoup plus dangereuse, celle du laurier jaune.
Plusieurs femmes ont été fortement intoxiquées et ce régime amaigrissant (noix de bancoul mélangées aux amandes du laurier jaune) les a conduit à l’hôpital en urgence.
La vente des noix de bancoul pour régime amaigrissant est donc maintenant interdite dans de nombreux pays.

 

Utilisations:

Espèce ornementale dans certains pays le bancoulier est un arbre cultivé dans les pays tropicaux pour sa noix, fortement laxative crue mais pouvant être consommée grillée, mais dont l’usage principal est l’extraction à partir des noix d’une huile  utilisée de différentes manières (éclairage, peintures, maquillage, vernis gras, pharmacopée…). Cette huile est très appréciée pour les enduits de bois solides, résistants aux intempéries et séchant rapidement, en particulier pour les planchers et les bateaux.
Autrefois, la suie obtenue après avoir brûlé les noix était mélangé avec de l’eau ou de l’huile de coco et servait de teinture pour les tatouages.
Les graines sont également utilisées à la Réunion pour réaliser des bijoux. Mais il faut les évider afin d’éviter que l’huile ne suinte au bout de quelques temps ou qu’elle ne rancisse.
Le bois de bancoulier est  peu résistant à la pourriture. De gros coléoptères pondent leurs œufs dans les bancouliers morts, leurs larves de grande tailles, ayant l’apparence d’un gros vert blanc, sont traditionnelement consommées crues ou légèrement cuites. C’est l’occasion d’une fête à Farino en Nouvelle-Calédonie.

Dans la culture kanak en Nouvelle-Calédonie, la teinture noire issue de la noix est utilisée pour enduire des sculptures. Les noix, enfilées en brochettes sur des nervures de cocotier, servaient de flambeaux. Chaque noix éclairait pendant dix minutes, puis le feu se propageait à celle qui vient immédiatement au-dessous et ainsi jusqu’à la dernière

Les utilisations traditionnelles d’A. Moluccana sont nombreuses. Presque toutes les parties de l’arbre, y compris les feuilles, les fruits, l’écorce, le bois, les racines, la sève et les fleurs sont utiles pour la médecine traditionnelle, l’éclairage, les matériaux de construction,
teintures, aliments, décorations et de nombreuses autres utilisation.

L’arbre est toxique et il faut être prudent lors de l’utilisation de ses différentes parties à des fins médicales ou pour la consommation.

À Java, l’écorce est utilisé pour la diarrhée sanglante (dysenterie).

Au Japon, l’écorce a été utilisée sur des tumeurs.

À Sumatra, des graines pilées, brûlées au charbon, sont appliquées autour du nombril pour la rentabilité.

En Malaisie, les grains de pulpe ou les feuilles bouillies sont utilisés dans les cataplasmes pour les maux de tête, les fièvres, les ulcères, les articulations enflées et blennorragie (gonorrhée).

À Hawaï, les fleurs et la sève au dessus de la cosse (lorsqu’elle vient d’être retirée de la branche) ont été utilisés pour traiter la candidose chez les enfants. La sève obtenue en détachant un fruit vert peut être employée pour calmer une rage de dents infantile et même une irritation conjonctivale en l’absence de gouttes ophtalmiques (collyre).

L’écorce de bancoulier contient beaucoup de tanin, on l’utilisait traditionnelement pour le tannage des peaux, la protection des filets ou en usage médicinal pour soigner des ulcères chroniques, des plaies suintantes ou hémorragiques.

La noix est souvent utilisée pour cuisiner dans la cuisine indonésienne et malaisienne.

À Java, c’est également utilisé pour faire une sauce épaisse qui se mange avec légumes et riz.
L’huile extraite de la graine est irritante et laxative,et parfois utilisé comme l’huile de ricin. Cela peut être fait en savon. Les graines mâchées sont utilisées comme substitut du savon.
Il est également utile pour conditionner les cheveux. Raffiné l’huile de moluccana est largement vendue dans les cosmétiques, l’industrie et devient  actuellement un produit commercial important

 

Photo: https://en.wikipedia.org/wiki/User:ChildofMidnight