Le nèfle du Japon ou loquat

20 juin 2021

Le nèfle du Japon ou loquat

Le nèfle, un fruit encore méconnu et, c’est dommage!

 

Chaque année à partir de la mi-mai, j’attends avec impatience l’arrivée sur les étales de certaines  épiceries ( plus avant-gardistes) des nèfles du Japon ou loquat. Le nèfle ressemble à l’abricot en taille, mais sa forme varie de ronde à oblongue, avec une peau de couleur jaune clair à orange. La couleur de la chair varie de l’orange au crème clair/beige avec une ou plusieurs graines (ou noyaux) à l’intérieur.  Fruit très frais, juteux et parfois légèrement acidulé (dépendamment de la maturité). Pas forcément très parfumé mais très agréable à manger. Il suffit de le peler en tirant sur la peau avec un couteau d’office. Les noyaux et la peau ne se consomment pas en général.

 

Origine et histoire

On retrouve des traces d’écrits parlant  de nèfles en Chine qui s’étendent sur plus de 2000 ans. Le néflier cultivé au Japon a été introduit de Chine dans les temps anciens et la culture des nèfles au Japon a été décrite dès 1180.
En 1784, le néflier a été introduit du Guangdong au Jardin National de Paris, et en 1787 a été introduit dans les jardins botaniques royaux de Kew, à Londres. Dès ce début, le néflier s’est répandu autour de la Méditerranée à divers pays, dont l’Algérie, Chypre, Égypte, Grèce, Israël, Italie, Espagne, Tunisie et Turquie.
Entre 1867 et 1870, le néflier a été introduit en Floride depuis l’Europe et en Californie depuis le Japon.
La culture s’est étendue à l’Inde et à l’Asie du Sud-Est, à l’Est Indes, Australie, Nouvelle-Zélande, Madagascar et Afrique du Sud.
Les nèfles sont maintenant distribués dans de nombreux pays asiatiques, par exemple, Laos, Népal, Pakistan, Corée du Sud et Vietnam. On les retrouvent en Arménie, en Azerbaïdjan et en  Géorgie. En Amérique: l’Argentine, le Brésil, le Chili, les montagnes de l’Équateur, Guatemala, Mexique et Venezuela les y cultivent.

Le nom nèfle est dérivé du nom chinois (cantonais) de la plante, loˉkwat, littéralement « jonc-orange », ainsi nommé parce qu’il pousse bien dans les sols marécageux parmi les « joncs ».

 

Différences selon l’origine et la variété

Il existe plus de 800 variétés. Mais, en général deux groupes sont reconnus, les chinois et les japonais.

Les variétés chinoises ont des feuilles minces et des fruits en forme de poire ou presque ronds, avec une peau épaisse et orange et une chair orange foncé, peu juteuse, légèrement acide, mais de saveur distincte, avec de petites graines nombreuses et de bonne conservation.

Les variétés japonaises ont de larges feuilles et des fruits en forme de poire ou de long ovale, la peau est généralement jaune pâle, la chair blanchâtre, très juteuse, acide mais par ailleurs pas de saveur distincte, avec peu mais de grosses graines et une bonne qualité de conservation.

 

Qualité et aspect

La couleur des fruits du nèfle est un paramètre important pour la récolte, variant selon les cultivars du jaune pâle à l’orange foncé pendant la maturation. Le fruit mesure environ 30 à 80 g, ovale, arrondi ou en forme de poire selon le cultivar, et il y a 1 à 5 graines (pépins) regroupées au centre du fruit. Environ 60 à 80 % des fruits sont comestibles. La chair des fruits mûrs est blanche, jaune ou orange.  Selon la variété, la chair du nèfle peut être ferme ou molle, très juteuse ou moyennement juteuse, ou assez acide ou non (l’acidité est plus élevée dans les fruits non mûrs). Le goût varie d’aigre à sucré. On dit que le goût du nèfle rappelle une gamme remarquable de fruits, notamment les pommes, les abricots, les cerises, les raisins, les kumquats, les poires, les ananas, les prunes et les fraises. La fermeté du  nèfle diminue avec la maturation, de sorte que le fruit est particulièrement sensible aux blessures mécaniques. Pour le marché du frais, les nèfles sont cueillis avant la pleine maturité ; sinon, ils sont trop acides et deviennent mous trop rapidement et sont difficiles à expédier, de sorte que dans de nombreuses régions, les nèfles en conserve conservés au sirop sont plus faciles à obtenir.

 

Utilisation

Lorsqu’ils sont disponibles, les fruits pelés et épépinés sont consommés frais, souvent dans des salades de fruits. Au Japon, les nèfles sont souvent servis avec des plats de poulet. Les fruits peuvent également être cuisinés et servis avec de la crème, en compote, en confit ou en conserve. Les nèfles sont également utilisés dans les desserts à la gélatine, la garniture pour tarte, la sauce, le sirop, la confiture, la gelée et la liqueur. Les nèfles sont également transformés en conserves avec des épices comme les clous de girofle et le piment de la Jamaïque et utilisées pour préparer chutneys et sauces. Ils sont parfois fermentés pour produire un vin de fruits

Les graines et la peau du nèfle contiennent de l’amygdaline, qui est facilement convertie en acide cyanhydrique (prussique). (Les graines de nombreux fruits comestibles de la famille des roses ont cette capacité de produire du cyanure toxique.) Il y a eu des cas d’empoisonnement chez la volaille par ingestion de graines de nèfle, qui devraient être jetées. Parfois, le nèfle est consommé avec la peau et la graine (entière ou moulue) est utilisée comme épice, mais ces pratiques ne sont pas recommandées en raison du potentiel toxique.

 

Conservation

Le stockage au froid des nèfles dans des sacs en polyéthylène altère la saveur du fruit et favorise le brunissement interne et la pourriture. Le nèfle étant un fruit non-climactérique (il ne mûrit plus après la cueillette) il va s’altérer assez rapidement donc, favorisez l’achat en petite quantité que vous allez consommer en 2-3 jours. Laissez le fruit si possible à température ambiante.

 

Nutrition

Les fruits mûrs contiennent presque tous les nutriments essentiels, y compris les protéines, les minéraux et les caroténoïdes. Les nèfles, faibles en calories, constituent une bonne source de fibres, de vitamine A, de potassium, de manganèse et de cuivre.

 

Photo:https://pixabay.com/fr/users/domeckopol-610494/